dimanche 21 septembre 2008

Information pour les interprètes

Réunion publique d'information et discussion sur la profession d'interprète français-japonais.

Cette réunion d'information et de discussion est proposée et organisée sous l'égide de la liste de diffusion AIIFJ.

Cette liste de diffusion sur Internet est l'amorce d'un groupe d'intérêt professionnel, un effort naissant visant à générer le dialogue entre les interprètes, et à créer à moyen terme une association internationale des interprètes français-japonais. La réunion se propose de tenter de dresser un état des lieux et de clarifier, ou en tout cas d'énoncer les problématiques et les perspectives d'avenir de la profession et du marché de l'interprétariat français-japonais au Japon, et au-delà. Elle veut aussi créer une rare occasion pour les interprètes professionnels, mais aussi pour les étudiants et curieux de la profession, de se rencontrer et amorcer un début de dialogue. Cette réunion est donc largement ouverte à la participation de toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans la pratique de l'interprétariat français-japonais sous toutes ses formes, et sans conditions préalables.

L'ambassade de France à Tokyo offrira dans une présentation ses réflexions et perspectives sur le marché et sur les questions de formation continue. L'initiative de la liste de diffusion AIIFJ sera aussi l'objet d'une présentation. Enfin, du temps sera consacré pour permettre aux participants de poser des questions et évoquer ensemble les problèmes de la profession et ses perspectives. La participation à la réunion est libre et gratuite.

Réunion publique d'information et discussion sur la profession d'interprète français-japonais.

Date: vendredi 17 octobre 2008

Lieu: Ecole Nichibei Kaiwa Gakuin (http://www.nichibei.ac.jp/)

Adresse: Shinjuku-ku, Yotsuya 1-21 (5 minutes à pieds de la station Yotsuya)

Horaire et durée: A partir de 18 h, et jusqu'à 20 h au plus tard.

Ouverture de la salle à 17:30. Un dîner improvisé dans le quartier aura lieu après la réunion pour les personnes qui le désirent.

La salle sera indiquée à l'entrée de l'école. La capacité maximale est de 50 personnes. Merci d'informer si possible à l'avance votre intention de participer à la réunion et au repas en envoyant un courriel à Lionel Dersot, initiateur de la liste de diffusion AIIFJ.

Coordonnées: ldersot@gmail.com, mobile: 090 6858 1106

Transcription discours sur l'Année Franco-Tchèque

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Lancement de l'Année Economique Franco Tchèque
- Discours de Mme Anne - Marie IDRAC, Secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur - Ubifrance, le 7 juillet 2008

Je suis très heureuse de me trouver ce soir en votre compagnie pour marquer le lancement côté parisien, côté français, de l'année économique franco-tchèque et de le faire ici à UBIFRANCE, ce qui est toujours un gage de grande efficacité dans nos actions internationales.

Je me réjouis de la présence à mes côté de M. Martin Riman, le ministre de l'Industrie et du Commerce de la République Tchèque, je salue, et je le remercie. Par sa présence il témoigne de son soutien affirmé à cette année économique franco-tchèque, et je crois savoir que le 30 juin dernier à Prague, il a participé au lancement du coup d'envoi côté tchèque.

Le choix de cette année sur deux semestres de présidence consécutive s'inscrit vraiment dans une vision de l'Europe telle que le président de la République Nicolas Sarkozy l'a exprimée à plusieurs reprises, et notamment le 16 juin dernier à Prague précisemment : une vision de l'Europe ouverte et dans lequel les pays de la "nouvelle Europe" jouent totalement leur rôle historique après des périodes de l'histoire moins faciles, mais ils se trouvent désormais intégrés dans le concert démocratique européen. Et donc nous souhaitons travailler étroitement avec l'ensemble de ces pays et avec notamment avec vous, pour poursuivre et approfondir la construction européenne.

Et c'est dans cet esprit que nous venons d'avoir une conversation tout à fait intéressante sur un certain nombre de thèmes d'intérêts communs, qu'il s'agisse de l'environnement et de l'énergie, thèmes prioritaires s'il en est de notre présidence, c'est une grande responsabilité du ministre Riman, sur les moyens de prendre ces questions écologiques en charge dans les politiques commerciales. Nous avons également pu discuter des différents sujets de relations bilatérales entre l'Union Européenne et un certain nombre d'autres pays, alors de la Corée aux pays du Golfe, en passant bien sûr par la Chine, pour ne citer que ceux là. Et puis des sujets multilatéraux comme la lutte contre la contrefaçon ou encore la position forte que l'Union Européenne doit maintenir dans les négociations de l'Organisation mondiale du Commerce.

Ce sont donc des acteurs responsables et majeurs de la constructuon européenne qui s'entendent aujourd'hui.

Mais ce sont aussi des relations donc bilatérales qu'il s'agit de privilégier, et nous voulons tout mettre en oeuvre pour développer notre coopération.

Alors, il faut partir de l'acquis, et Dieu sait qu'il est loin d'être négligeable, lorsque l'on parle des relations avec la République Tchèque. Nos échanges commerciaux sont en forte croissance, ils ont plus que quadruplé en 10 ans, excusez du peu, pour atteindre le chiffre record de 7 milliards 8 d'euros l'année dernière. La République Tchèque est le deuxième partenaire commercial de la France en Europe centrale. Nos exportations ont triplé en 10 ans, profitant donc de l'essor de l'économie ouverte et attractive de la République Tchèque, et vous m'avez parlé tout à l'heure du choix stratégique économique très ouvert sur l'international qui est celui de votre pays.

Les exportation tchèques vers la France ont été multipliées par 6, donc pendant la même période, celle des 10 ans qui a vu le triplement des exportations françaises, et ceci grâce aux investissement réalisés par les sociétés étrangères, françaises en République Tchèque aux côtés des investissements propres du pays.

La France est donc très présente en République tchèque, elle se place le cinquième avec un stock ... évalué à 3 milliards 6 d'euros, 480 sociétés, pour beaucoup des filiales d'entreprises françaises, mais aussi depuis plusieurs années, des créations d'entreprises par des ressortissants français, principalement dans le domaine de la restauration. Ces entités françaises représentent environ 100 000 emplois tous secteurs confondus.

Les grandes entreprises sont présentes dans l'industrie, l'automobile avec PSA Peugeot Citroën, mais aussi dans les services avec la banque, l'assurance, l'eau, l'assainissement. Il faudrait citer la Société Générale, Axa, ou encore, Veolia ou Suez. Les entreprises françaises ont bien l'intention de continuer à accompagner les développements à venir, et j'ai vu en particulier toutes sortes de projets dans les différents domaines des transports allant des routes à l'aérien, en passant par le transport urbain.

Mais sur ces bases là il faut bien entendu faire mieux, et c'est donc notre ambition aujourd'hui. Nous avons souhaité conduire des actions fortes pour resserrer encore nos liens économiques et commerciaux. Je voudrais citer d'abord le partenariat stratégique bilatéral que nous avons globablement entre nos deux pays, qui a été signé le 16 juin dernier à Prague par le président Sarkozy et le premier ministre Topolánek . Ce partenariat comporte une dimension économique tout à fait substantielle qui doit conduire nos deux pays à renforcer leur coopération technique et industrielle dans des domaines à forts enjeux commerciaux, et notamment les transports que j'ai déjà cités, et l'infrastructure mais aussi l'énergie.

Ce projet vise à développer la collaboration entre "clusters", ou chez nous on dit "pôles de compétitivité", pour favoriser la création de PME innovantes et de partenariats industriels dans des secteurs clés qui ont été identifiés : l'automobile, l'énergie, l'aéronautique et les constructions mécaniques. Au delà de ce partenariat, l'année économique franco-tchèque stricto sensu constitue un axe fort de redressement de nos liens avec trois objectifs : dynamiser la relation économique et commerciale bilatérale, favoriser le travail en commun sur les principaux dossiers européens en matière économique, et donc j'en ai cités quelques uns que nous avons évoqués tout à l'heure, et promouvoir une meilleure connaissance réciproque de nos savoir-faires.

Dores et déjà, plusieurs opérations ont été organisées avec succès, en anticipation donc sur l'année. Une table ronde bilatérale sur l'énergie s'est tenue le 21 mai dernier, et le 4 et 5 juin, une conférence sur les transports urbains et ferroviaires qui a donné l'occasion aux experts et entreprises de nos deux pays d'échanger sur leurs priorités en matière de développement des réseaux et de solutions techniques.

A l'initiative des conseillers du commerce extérieur de la France, je me réjouis beaucoup que débute depuis le 30 juin donc l'opération "Cinquante passeports pour l'avenir", dont on va parler avec nos collègues, qui s'adresse aux jeunes futurs responsables, en permettant des échanges de stagières tchèques et français. Il paraît d'ailleurs que ces stagières sont beaucoup tchèques et "françaises", puisque il semblerait qu'il y aurait une surreprésentation féminine, mais après tout, si les jeunes femmes sont meilleures, pourquoi pas.

En septembre, la France participera aussi en tant qu'invité d'honneur au Salon MSV des industries mécaniques.

Je mets des points de suspensions derrières toutes ces opérations, et pour ne pas les énoncer ici, il y a beaucoup de missions, de réunions, de salons qui se dérouleront tout au long de la période de nos deux présidences. En plus des actions présentant un caractère récurrent, comme justement la participation à des foires et des salons, nous avons souhaité des évènements spécifiques et à forte visibilité, comme le forum franco-tchèque sur les technologies, une ou des rencontres entre pôle de compétitivité, un colloque sur la propriéte intellectuelle et la contre-façon, nous y tenons beaucoup. Nous avons échangé à ce sujet, c'est un sujet dans lequel nous voulons vraiment affirmer nos présidences par rapport au reste du monde. Et puis des évènements autour d'un certain nombre de matériels de transport terrestre ou aérien. Donc une programmation que vous verrez, que vous découvrirez très dense et très variée, destinée aux professionnels, au grand public, et à la fois bilatérale et multilatérale. Donc je voudrais vous assurer que sous l'égide de nos deux premiers ministres, et en tout cas du côté français, nous mobiliserons de manière tout à fait engagée les services de promotion et d'appui au commerce extérieur de notre pays, et je souhaite donc que les entreprises française participent très activement à ces évènements et concourrent non seulement au succès de l'année franco-tchèque, mais surtout au succès et au développement du business et de leurs business d'entreprises. Le renforcement de nos liens économiques et commerciaux est un objectif auquel nous tenons, et je vous assure donc de l'engagement du gouvernement français et de l'ensemble des services du ministère des Finances, en particulier pour que ceci soit un succès dans le cadre politique qui a été fixé par les présidents. Voilà, donc bon courage et bonne chance, bonne réussite à cette année franco-tchèque.

vendredi 12 septembre 2008

Pastèque sans pépins: la transcription

France Culture - Mythographies 21.08.2008

La pastèque sans pépin

Fragment 1 - Mais pourquoi la pastèque sans pépins?

Si vous regardez une photo de pastèque sans pépins, une photo qui a été prise d'une pastèque ouverte, vous avez l'impression de regarder une pizza sans olives, c'est à dire c'est un cercle rouge avec un cercle vert à la circonférence. C'est une plante sans sexe. Ça fait la même impression que ces photos dans les revues pornographiques des années cinquante ou soixante où on retouchait le sexe pour qu'il disparaisse, qu'il n'y en ai pas. La pastèque sans pépins c'est effrayant comme un ange, c'est effrayant comme tout objet ou être asexué. Bon, la pastèque sans pépins c'est un objet qui a eu plusieurs péripéties dans son histoire. Elle a été inventée enfin au tout début des années cinquante, puis elle est tombée dans l'oubli, et elle est ressortie il y a quelques années avec un énorme succès commercial. Que nous dit la pastèque sans pépins?

On est obligé de ramener ça à la nature de ce qu'est un pépin, c'est à dire c'est une graine. Le pépin, c'est ce qui assure la descendance, c'est ce qui assure la survie de l'espèce, et donc, la possibilité de la génération, de la reproduction. C'est cette disparition de la graine, ou en tout cas, sa suppression programmée, l'intentionnalité de la suppression de la graine dans une plante, qui est au coeur de cet objet, et qui permet de poser des questions fondamentales aujourd'hui, c'est à dire notamment la question du brevet sur les graines, et la question des enjeux de pouvoir dont elles sont l'objet.

Au fond, la pastèque sans pépins ça permet d'aborder un nouvel état de la descendance, de ce que signifie aujourd'hui la descendance, parce que tout simplement un légume, ou un fruit (parce qu'il n'y a pas simplement la pastèque qui est sans pépins ou sans graine; il y a beaucoup d'espèces aujourd'hui qui sont sans cette possibilité de se reproduire), c'est un légume ou un fruit qui n'a plus en lui même, dans sa propre chair, les moyens de se reproduire. Il y a une sorte de dépendance technologique qui est implantée dans le fruit ou dans le légume, une dépendance technologique pour sa reproduction, pour sa suite, pour sa descendance.

Aujourd'hui, on peut dire qu'il y a coexistence de deux processus de reproduction: il y a le principe naturel par la graine et par la semence, mais il y a maintenant le principe de la reproduction par l'industrie, par la machine. Et donc ça engendre une logique de concurrence, une logique de tension économique qui n'existait évidement pas du tout auparavant. La nouveauté de cette question de la descendance, c'est donc une façon que l'on a aujourd'hui de sortir les outils de la reproduction du corps de la plante ou de l'animal, et de les autonomiser, d'en faire un processus autonome qui devient lui-même par là l'enjeu d'une lutte qui est à la fois économique, et technologique.

Fragment 2 - Le design de la nature

Ce qu'il faut entendre lorsque l'on entend "pastèque sans pépins", ce n'est pas seulement sa séduction, ou son côté pratique, c'est dans le fait que l'on puisse la manger à pleines dents sans avaler trop de graines et de pépins, c'est surtout toute l'ingénierie biologique qu'il y a derrière, toute la fabrique industrielle. Et finalement ça dit quelque chose, c'est que pendant des siècles, il y avait toute une partie du naturel, ou de l'ordre des plantes et des fruits, etc. qui échappait si vous voulez à un processus industriel. Il y avait des logiques d'hybridation, c'était sur un temps long, etc. Aujourd'hui, ce à quoi on assiste, c'est à un véritable design de la nature. C'est au fond, qu'une société de l'agro-industrie, de la bio-industrie, puisse dire : "ce fruit ou ce légume a été dessiné et conçu par telle société". Et c'est le cas d'une société Syngenta - qui est un des géants de la semence - et qui a mis au point une pastèque petite et sans pépins à laquelle cette société a donnée le nom de Solinda. Donc on a véritablement une logique d'invention et un discours de profiling et aussi de designing, qui est lié d'ailleurs à une forme de marketing de la nature, c'est à dire au fond, on présente ces fruits et ces légumes comme "nouveaux", et ça essentiellement pour s'adapter à la consommation, à ce besoin de nouveau et qui accompagne ce qui s'appelle aujourd'hui "la nouvelle gastronomie", c'est à dire au fond ce désir de se détacher du terroir, d'inventer une forme beaucoup plus artificielle, beaucoup plus nouvelle, beaucoup plus inattendue de gastronomie. C'est à dire au fond, lorsque l'on entend des fruits et légumes lancés dans le commerce, et qui apparaissent sous le nom de "mini-courgettes", ce qui était le cas, ou "pastèque portable", une pastèque plus petite, moins lourde, ou les "bébés artichauts", ou les "concombres singles", ou les "tomates zébrées", ou la "tomate kumato", qui est une espèce hybride à peau brune, fruitée, dotée d'une résistance d'ailleurs à toute épreuve aux maladies, enfin, disponible toute l'année, etc. C'est à dire qu'il y a un détachement par rapport à l'ordre naturel, et tout ça finalement est signifié par cette pastèque sans pépins qui dit au fond cette extension du champ du design à la nature toute entière.

Ajout au fragment 2 - La logique du célibataire

Toutes ces inventions de design de la nature ne répondent pas seulement à une logique du nouveau, mais aussi, elles adaptent la taille des légumes à la consommation du célibataire, et à la taille de son réfrigérateur. Alors, par une évidemment très belle harmonie entre le consommateur et le consommé, c'est intéressant de noter que le célibataire, comme la pastèque sans pépins, n'est absolument pas dans une perspective de reproduction.

Fragment 3 - Terminator, la graine et l'autodestruction

Alors, qui veut prendre le pouvoir sur la graine doit maîtriser son principe de reproduction. C'est simple. Il y a deux manières de contrôler la reproduction: soit vous confisquez la graine, le noyau, donc vous les supprimez - ce qui est le cas dans la pastèque sans pépins finalement - soit vous produisez une espèce qui ne se reproduit pas. Et c'est exactement ce que l'on observe désormais dans la bioindustrie, c'est à dire une compétition des firmes multinationales pour privatiser la reproduction de la graine. Alors il y a un exemple dont on a beaucoup parlé, d'une firme multinationale qui s'appelle Monsanto, et qui a mis au point une graine dite "Terminator" - elle a été nommée comme ça par ses adversaires. C'est une graine qui est, dans un sens, détournée du sens punk de l'expression qui est "no future", qui n'a pas d'avenir. En fait, son réel nom, c'est "technology protection system", qui est un nom en fait qui en dit long déjà sur ce designing du vivant, et c'est une plante qui ne peut pas se reproduire. Elle est privée du principe fondamental qui régie tous les êtres vivants, c'est à dire celui de se reproduire. On a donc une récupération assez ironique de la logique de l'auto-destruction, c'est à dire à l'inverse de celle des années soixante-dix qui se faisait sur un mode romantique de rébellion, d'être contre. Là, on a une production par le capitalisme d'une certaine forme de non-reproduction, de non-avenir, qui donc se fait sur un mode commercial de privatisation. Et finalement cette logique de breveter, d'inventer et de breveter des plantes, on a souvent l'habitude de s'y référer par des considérations pratiques, qu'est-ce que cela change, etc. mais c'est un changement anthropologique qui se produit, c'est à dire au fond, l'avènement d'un temps où les paysans n'ont plus le droit de replanter les graines sans payer des droits d'auteur à ceux qui en possèdent les brevets. Ce qui fait au fond de la nature un produit manufacturé comme un autre.

Fragment 4 - Graine logicielle

On peut déposer un brevet sur une graine exactement comme sur un logiciel informatique. Qu'est-ce qu'on doit faire pour ça? On doit prouver au bureau des brevets que le code génétique de la graine est une innovation technologique. C'est exactement ce qui se passe dans le cas du logiciel informatique. Il y a un code, qui sert certaines fonctions, et le code est breveté. Celui qui dépose le brevet touche des droits d'auteurs sur ce code inventé, ou dans le cas de la graine modifiée. On a donc avec les brevets sur les semences la reconnaissance par le droit privé d'une graine logicielle, une graine qui fonctionne comme un logiciel, qui est exactement sur le modèle de Microsoft du logiciel propriétaire, génère des revenus à la société de biotechnologie qui l'a déposée. Et de la même manière que vous (ne) pouvez pas copier sur votre ordinateur un logiciel protégé sans payer de droits, le paysan dans son champ ne peut pas copier la graine logiciel, car la duplication est soumise à des droits d'auteur.

Fragment 5 - La fantastique histoire de Chakrabarty

Oui parce qu'au fond, dans cette histoire de la privatisation du vivant, il importe de savoir comment c'est arrivé, par quoi, par quelle décision, qu'est ce qui a fait qu'un jour, on a pu déposer des brevets sur les plantes. Et bien le premier à s'être vu reconnaître le droit de déposer un brevet sur un organisme vivant, c'est ce monsieur Ananda Chakrabarty. Et donc l'histoire commence en 1972 aux Etats-Unis. Ananda Chakrabarty est alors chercheur à la General Electric, et il met au point une bactérie transgénique dévoreuse de pétrole, c'est à dire qui est potentiellement une bactérie qui peut nettoyer la mer en cas de catastrophe pétrolière. Et il dit d'ailleurs à l'époque - on est en 1972 - il dit à l'époque : "développer de nouvelles formes de vie génétiquement modifiées était un challenge, un challenge difficile". Chakrabarty donc a son invention, il a sa bactérie transgénique, et il décide de la faire breveter tout simplement. Donc il dit: "nous voulions protéger nos droits, et empêcher quiconque d'utiliser cette bactérie sans nous verser des royalties", l'équivalent américain des droits d'auteur. Et donc il s'adresse au PTO qui est le bureau, l'organisme américain chargé de délivrer les brevets, le US Patent and Trademark Office, et ce bureau, cet organisme des brevets rejette sa demande, au motif que la vie ne saurait être brevetée. Et c'est là que Ananda Chakrabarty persévère, c'est à dire qu'il (ne) baisse pas les bras, il fait appel, et c'est en 1980 que la court suprême lui donne raison. Selon le président de la court suprême des Etats-Unis, il déclare que les microbes tel que celui que le chercheur Chakrabarty a mis au point, ces microbes ne sont pas, dit la court, le fruit d'un processus naturel, ce sont de véritables inventions créés par l'homme, et en tant qu'inventions, ils deviennent brevetables. Et c'est cette décision qui a ouvert la voie à la brevetabilité de tous les organismes génétiquement modifiés, que ce soient microbes, cellules, plantes, animaux, etc. C'est finalement dans cette brèche juridique que se sont engouffrés tous les grands semenciers de l'industrie de la bioindustrie.

lundi 8 septembre 2008

La pastèque sans pépin, podcast

Vous pouvez récupérer l'émission sur la pastèque sans pépin ici.

jeudi 4 septembre 2008

Stratégies de la pratique du shadowing 1

Voici une succession d'étapes pour profiter vraiment de la pratique du shadowing. Elle concerne surtout les personnes débutantes dans le shadowing. Les personnes avec un niveau de français très avancé peuvent se permettre de ne pas utiliser de transcription du document audio utilisé, et donc faire du shadowing avec n'importe quel contenu audio, ce qui ouvre des perspectives sans fin.
  1. Sélection d'un document audio avec sa transcription, de préférence un sujet pour lequel on a un intérêt, mais il faut si possible s'ouvrir progressivement à des sujets inconnus.
  2. Phase d'écoute (Listening リスニング) : écouter une ou plusieurs fois le document audio sans regarder la transcription. Ce n'est pas grave de ne pas tout "entendre", "saisir" et "comprendre".
  3. Chuchotage (Mumbling マンブリング モグモグ言う話し方 つぶやく): essayer de répéter le document audio en chuchotant, sans regarder le texte. Quand vous ne saissisez pas quelque chose, ne dites rien et passer au mot ou à la phrase suivante. Essayer, même sans comprendre les termes ou les expressions de répéter phonétiquement ce que vous entendez.
  4. Lecture (Reading 解読、意味のチェック): lire la transcription, chercher dans le dictionnaire les termes et expressions qui vous échappent. L'objectif n'est pas de comprendre le texte à 100%, mais de le comprendre à peu près.
  5. Vocalisation synchronisée (shadowing + lecture, Synchronized Reading, Parallel Reading シンクロ・リーディング) : écoutez l'enregistrement et lisez en même temps le texte. Il ne faut pas lire plus vite que l'enregistrement mais en même temps, ou juste derrière. Si vous n'arrivez pas à prononcer des mots, n'arrêtez pas, continuez.
  6. Shadowing prosodique (Prosody Shadowing プロソディ・シャドーイング): sans regardez le texte, répétez l'enregistrement audio en se concentrant à imiter l'intonation et la prononciation. Essayez de restituer le tout, même si le sens de certains mots et expressions n'est pas encore clair.
  7. Shadowing sémantique (Content Shadowing コンテンツ・シャドーイング): même exercice que le shadowing prosodique, mais on se concentre sur la compréhension, la signification du message que l'on répète.
  8. Shadowing complet (Shadowing シャドーイング): c'est l'association des deux phases précédentes 6 et 7, c'est à dire la répétition du discours avec en pleine conscience à la fois le sens et la prosodie, c'est à dire, rythme, vitesse et intonation. On essaie d'imiter la personne qui parle.
  9. Récitation (lecture à voix haute, Oral Reading 朗読): Il s'agit de lire le texte à voix haute en faisant attention au ryhthme, à l'intonation et au sens, sans écouter l'enregistrement.

dimanche 31 août 2008

Sources de podcast

Les podcasts sont des fichiers audio, souvent des émissions radio gratuites à télécharger pour écouter sur son ordinateur ou sur un baladeur mp3.

Le meilleur logiciel pour gérer, chercher et s'abonner à des podcasts est iTunes. Il est gratuit et existe pour Mac et Windows.

Il existe énormement de podcasts. On peut les trouver la plupart à travers iTunes. Voici aussi des pages de liens vers des podcasts en français:

Podcasts FLE pour apprendre le français

Le portail des podcasts de Radio France

Il n'est pa souhaitable d'écouter uniquement des podcasts d'information. Il est intéressant d'écouter des interviews, des débats aussi. Toutes les grandes radio française comme Europe 1 ou francophones comme RTL, Radio Suisse Romande, Radio Canada ont toutes un large de choix de podcasts. Ecoutez d'abord des choses pour lesquelles vous avez un intérêt mais écouter surtout des choses variées.

Les podcasts en français que j'écoute personnellement:

Continent science - France Culture : émission hebdomadaire de culture scientifique

Métropolitain - France Culture : émission hebdomadaire sur l'architecture et la ville

Sur les docks - France Culture : documentaires radio

Tous les podcasts de France Culture

Tous les podcasts de la Radio Suisse Romande

Interview de Daniel Lamarre, PDG du Cirque du Soleil

Le podcast se trouve ici.

Trancription:

Interview de Daniel Lamarre, PDG du Cirque du Soleil - 11 août 2008, radio BMF

Le Cirque du Soleil s'ouvre de grandes opportunités pour son avenir. Cette multinationale du spectacle vient d'accueillir Dubaï au sein de son capital à hauteur de 20%. Daniel Lamarre bonjour. Vous êtes le PDG du Cirque du Soleil, plus rien ne peut vous arrêter maintenant.

On est très content. Il nous arrive beaucoup de bonnes choses récemment, dont une transaction importante avec des partenaires à Dubaï qui nous permettrons effectivement d'accéler notre croissance un peu partout à travers le monde.

C'est à dire que vous êtes déjà arrivé au point où le cirque du soleil est une multinationale, un spectacle magique reconnu dans le monde entier. Avec la puissance financière d'un investisseur comme Dubaï, ça vous ouvre des opportunités illimitées quasiment.

Ca nous ouvre effectivement beaucoup, beaucoup de possibilités parce qu’entre autres Naquil, qui est devenu un des plus puissants groupes de développeur immobilier à travers le monde veut développer beaucoup dans plusieurs grandes villes des projets d'entertainment, et le Cirque du Soleil deviendra leur partenaire de développement de contenus artistiques.

Très concrétement qu'est-ce que cela veut dire? Ca veut dire que vous allez concevoir des spectacles pour Dubaï? C'est comme cela que ça va se passer?

Oui, et également ça veut dire plus de spectacles en permanence dans des grandes villes. On parle de Londres, on parle de Shanghai, et pourquoi pas un jour Paris.

Et puis on imagine Dubaï, ça c'est déjà prévu hein?

Dubaï, c'est déjà conclu et en fait le spectacle à Dubaï est en création présentement et ouvrira à Dubaï en 2011.

C'est à dire que votre véritable force, ce qui a été l'innovation de Guy Laliberté, sa véritable idée (qui est le fondateur du Cirque du Soleil), ce sont ces spectacles permanents, c'est que ça vous apporte une visibilité hallucinante, ça vous permet de construire l'avenir sereinement.

Exactement. Ces théâtre là sont des théâtres qui sur le plan technologique sont vraiment à l'avant-garde de ce qui se fait dans notre industrie. Et ça nous a permis notamment de prendre une position dominante à Las Vegas, et au moment où je vous parle nous sommes à compléter les derniers préparatifs pour l'ouverture d'un spectacle permanent à Macau et un autre à Tokyo.

Vous parlez vraiment d'industrie au sens noble du terme, Daniel Lamarre. On n'est pas dans le ... une industrie qui a su garder un côté artisanal, c'est ça qui est quand même fascinant, c'est que vous avez gardé votre indépendance, vous gardez le contrôle artistique de ce que vous faites, mais vous parlez quand même d'industrie.

Oui exactement. Le point le plus important qui distingue le Cirque du Soleil par exemple des grandes entreprises américaines, c'est que chez nous le propriétaire est un artiste. Donc même si en terme de croissance on devient une entreprise importante, il reste que la motivation première de notre propriétaire, c'est le contenu artistique. C'est pour cela que de plus en plus de grands créateurs de tous les pays veulent travailler avec nous sur des productions. D'ailleurs j'en profite pour vous souligner au moment où l'on se parle que Philippe Decouflé, qui est extrêmement bien connu chez vous, s'attaque présentement à une nouvelle création du Cirque du Soleil.

Donc il vient participer à votre travail.

Voilà. Et c'est formidable pour nous de pouvoir accueillir dans notre centre de création à Montréal, qui ressemble beaucoup plus aux Nations Unies qu'à un cirque québécois, alors que vous retrouvez dans des équipes de création des français qui travaillent avec des américains, qui travaillent avec des canadiens, qui travaillent avec des chinois, qui travaillent avec des russes, bref, des équipes qui proviennent de différentes nationalités, ce qui nous permet, nous, de produire des spectacles qui ont un attrait universel.

C'est là que l'on voit bien que vous êtes une industrie, vous avez un centre de recherches et de développement Daniel Lamarre. C'est presque ça?

Exactement, on investit plusieurs millions de dollars tous les ans pour tenter de trouver des nouvelles formes de technologie, des nouvelles formules artistiques, qui vont continuer de surprendre les millions de spectateurs que l'on rejoint chaque année.

Mais c'est combien de millions de spectateurs les spectacles permanents du Cirque du Soleil?

En fait, l'ensemble de nos spectacles rejoint chaque année maintenant au delà de 10 millions de spectateurs par année.

Dans l'industrie de l'entertainment, vous vous positionnez comment par rapport aux poids lours de l'entertainment?

Si on regarde ce qui a trait aux spectacles live, je vous dirais qu'on est probablement entre les deux ou trois premiers grands groupes internationals.

C'était essentiel dans cette transaction avec Dubaï de garder votre indépendance, Dubaï qui ne prendra que 20% du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre? C'était vraiment un point majeur essentiel, c'était pas négociable?

Ce n'était pas négociable. D'ailleurs au fil des ans vous pouvez imaginer que plusieurs grandes multinationales, notamment américaines, nous avaient approchés, mais tous ces gens là voulaient prendre le contrôle du cirque, et Guy Laliberté a toujours été intraitable. Il n'a jamais, jamais accepté de perdre le contrôle de son entreprise et il n'acceptera jamais de le faire.

Pas de compromis de ce côté là, donc ça veut dire pas de Cirque du Soleil en bourse par exemple, parce qu'on imagine qu'à votre niveau c'est une question qui a du se poser à un moment ou à un autre.

Exactement, et cette indépendance là elle est très particulière. D'ailleurs il y avait une citation dans notre vidéo corporative de Michael Eizner, à l'époque où il était président de Disney, qui est demeuré fameuse pour nous parce que Eizner a déclaré : "si j'avais pu acheté le Cirque du Soleil, je l'aurais fait. Si j'avais pu produire des spectacles de qualité comme le Cirque du Soleil je l'aurais fait. Malheureusement, comme je ne pouvais pas l'acheter, et comme je ne pouvais pas produire des spectacles comme eux, je n'ai pas eu d'autre choix que de leur laisser le contrôle créatif."